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Calcul puissance moteur électrique : la méthode pour une machine

Calcul de la puissance d’un moteur électrique : puissance utile et absorbée, formule triphasée, du couple aux kW, exemple pas à pas et limites du calcul.

Calcul puissance moteur électrique : la méthode pour une machine
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Choisir et brancher
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8 min
Mis à jour
3 Nov 2026

Pour calculer la puissance d’un moteur électrique, on part de ce que la machine demande à l’arbre, c’est-à-dire un couple à une certaine vitesse. On en déduit une puissance utile en kilowatts, puis on tient compte du rendement pour savoir ce que le moteur absorbe au réseau. Attention : la puissance inscrite sur la plaque est la puissance utile à l’arbre, pas la puissance absorbée.

Ce guide explique la démarche et la déroule sur un exemple. Il ne remplace pas un dimensionnement : le choix final revient au constructeur de la machine ou au motoriste, qui connaissent la charge réelle, le démarrage et le service.

Puissance utile, puissance absorbée, rendement

Un moteur reçoit de l’énergie électrique et la transforme en travail mécanique, avec des pertes. La puissance absorbée, notée Pa, est celle qu’il prélève au réseau. La puissance utile, notée Pu, est celle qu’il restitue sur l’arbre. Le rendement η est le rapport des deux : η = Pu / Pa.

Conséquence directe : pour retrouver la puissance absorbée à partir de la puissance de plaque, on divise par le rendement. Un moteur de plaque donnée absorbe toujours davantage que cette valeur. Le rendement d’un moteur dépend aussi de sa classe ; l’article sur les classes de rendement IE3 et IE4 traite ce sujet, et la plaque signalétique donne les valeurs propres au moteur que vous avez sous les yeux.

La formule triphasée : P absorbée = √3 × U × I × cos φ

En triphasé, la puissance active absorbée vaut Pa = √3 × U × I × cos φ. U est la tension entre phases, I le courant de ligne, et cos φ le facteur de puissance. C’est la formule à utiliser avec les valeurs de tension et de courant relevées sur la plaque ou mesurées sur l’installation.

Le cos φ n’est pas une constante du moteur. À faible charge, le cos φ et le rendement d’un moteur asynchrone chutent : un moteur qui tourne très en dessous de sa charge nominale consomme donc moins bien que sa plaque ne le laisse penser. Pour la famille de moteurs concernée, voir le moteur asynchrone triphasé.

Du couple à la puissance : P = C × Ω, avec Ω = 2π n / 60

Du côté mécanique, la puissance utile est le produit du couple C par la vitesse angulaire Ω : Pu = C × Ω. La vitesse angulaire s’obtient à partir de la vitesse de rotation n en tours par minute : Ω = 2π n / 60. Cette dernière relation est une relation mathématique standard, que nous donnons comme telle.

Reste à connaître la vitesse. La vitesse de synchronisme se calcule par n = 60 f / p, avec f la fréquence du réseau et p le nombre de paires de pôles. À 50 Hz, on obtient quatre valeurs usuelles, que l’infographie ci-dessous reprend. La vitesse réelle de l’arbre est un peu inférieure à la vitesse de synchronisme : l’écart, le glissement, est de quelques pour cent.

Exemple pas à pas

Reprenons un moteur triphasé alimenté sous 400 V, traversé par un courant de 16 A, avec un cos φ de 0,90. On applique la formule : la multiplication de √3 par la tension, par le courant et par le cos φ donne environ 9 977 W, soit autour de 9,98 kW de puissance absorbée. Le calcul est purement arithmétique et se refait sur n’importe quelle calculatrice.

Ce chiffre est une puissance absorbée. Pour connaître la puissance utile sur l’arbre, il faut le multiplier par le rendement du moteur, lu sur sa documentation. Le rendement ne se devine pas : il se lit dans la documentation du moteur.

Repères chiffrés de l’exempleTension entre phases400VCourant de ligne16AFacteur de puissance cos φ0,90Puissance absorbée obtenue9,98kW1 CV en watts735WVitesse de synchronisme, 2 pôles à 50 Hz3000tr/minVitesse de synchronisme, 4 pôles à 50 Hz1500tr/minVitesse de synchronisme, 6 pôles à 50 Hz1000tr/minVitesse de synchronisme, 8 pôles à 50 Hz750tr/minDémarrage direct, courant minimal5× InDémarrage direct, courant maximal8× In

Un mot sur les unités : on rencontre encore le cheval-vapeur. La conversion à retenir est 2 CV ≈ 1 470 W, donc 1 CV ≈ 735 W. Le chiffre de 2 200 W pour 2 CV est une erreur courante.

Marges, démarrage, service : pourquoi la puissance seule ne suffit pas

Une fois la puissance utile établie, la démarche tient en cinq étapes, dont la dernière consiste à retenir la puissance normalisée immédiatement supérieure au besoin.

De la machine au moteur : les étapesConnaître le besoin à l’arbreCouple demandé par la machine et vitesse de rotationPasser en kW utilesPu = C × Ω, avec Ω = 2π n / 60Tenir compte du rendementPa = Pu / η : la puissance absorbée est supérieure à la puissance utileVérifier courant et démarrageCourant de ligne et courant d’appel au démarrageChoisir la puissance normalisée supérieureSans valeur de marge imposée : à valider avec le constructeur

Le démarrage pèse lourd : un démarrage direct appelle un courant de 5 à 8 fois le courant nominal In, ce qui compte pour la protection et pour le réseau. Les modes de démarrage, dont le couplage étoile-triangle, sont décrits dans l’article sur le branchement d’un moteur triphasé en étoile-triangle.

Si un variateur est prévu, il se dimensionne sur le courant, pas sur les kilowatts seuls. Le service compte aussi : un service normal et un service sévère n’appellent pas le même variateur. Pour le rôle du moteur dans son ensemble, voir pourquoi utiliser un moteur électrique.

On lit parfois qu’il faut prendre une marge de sécurité de tel pourcentage : aucun coefficient ne vaut pour tous les cas, et c’est le constructeur de la machine qui le fixe.

Cas des pompes et ventilateurs : la loi cubique et sa limite

Pour une pompe ou un ventilateur centrifuge, la puissance varie comme le cube de la vitesse N. Réduire la vitesse de moitié divise ainsi la puissance par huit. Cette loi d’affinité n’est valable que sans hauteur statique : dès qu’il y en a une, le gain annoncé n’est plus celui du calcul. On ne l’applique donc pas à toutes les installations, et on ne promet pas d’économie sans vérifier cette condition.

Pour une charge à couple constant, la puissance est simplement proportionnelle à la vitesse. Les deux cas sont très différents : savoir à quelle famille de machine on a affaire est la première question à se poser avant de parler de variation de vitesse.

Ce que précise le constructeur de la machine

La formule de puissance mécanique pour le levage ou un convoyeur n’est pas traitée ici. Les rendements et les cos φ typiques par taille de moteur, le facteur de service et le déclassement en altitude ou en température se lisent dans la documentation du moteur. Pour tous ces points, la réponse vient du constructeur de la machine ou du motoriste.

À retenir

La plaque indique la puissance utile à l’arbre ; la puissance absorbée est plus grande, car elle inclut les pertes. À faible charge, le cos φ et le rendement d’un moteur asynchrone baissent : surdimensionner sans raison n’est pas sans conséquence.

Questions fréquentes

kW ou CV : lequel utiliser ?

Le kilowatt est l’unité du calcul. Si une fiche donne des chevaux, convertir avec 1 CV ≈ 735 W, soit 2 CV ≈ 1 470 W.

Quelle différence entre puissance absorbée et puissance utile ?

La puissance utile est celle de l’arbre, la puissance de plaque. La puissance absorbée est celle que le moteur prélève au réseau : on l’obtient en divisant la puissance utile par le rendement.

Pourquoi parle-t-on souvent de 1500 tr/min ?

C’est l’une des quatre vitesses de synchronisme à 50 Hz, avec 3000, 1000 et 750 tr/min, selon la formule n = 60 f / p. La vitesse réelle est un peu plus basse à cause du glissement.

Puis-je prendre un moteur plus gros par sécurité ?

Ce n’est pas une réponse simple. À faible charge, le cos φ et le rendement d’un asynchrone chutent, et le courant de démarrage doit rester compatible avec l’installation. Aucune marge chiffrée ne vaut pour tous les cas : le constructeur de la machine tranche.

Portrait de Hélène Garnier

Hélène Garnier

Rédactrice technique, maintenance industrielle

Rédactrice technique. Elle écrit les guides de diagnostic, de réparation et d’entretien des moteurs électriques à partir des normes, des notices de constructeurs et des documents de prévention.

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